Calogero co-signe la musique de Ça ne finira jamais, titre prophétique (?) et exercice d'humilité obligé pour toute idole des jeunes à qui sourit encore le succès : "Je n'suis que la somme / Des mains qui se tendent / Des coeurs qui attendent / Je suis ceux qui m'ont aimé". Raphaël lui a écrit Je n'appartiens qu'à toi, un air country plutôt réussi. Le slammeur Grand Corps Malade a imaginé les rimes de Si mon coeur et David Hallyday, le fils de Johnny, les a mises sur une musique un peu plan-plan. Christophe Maé, qui assurera la première partie de sa future tournée, lui a offert la musique d'Etreintes fatales.
Francis Cabrel est aussi de la partie, pour la première fois, avec Je m'arrête là, un boogie musclé dans lequel le vieux loup raconte son quotidien : "J'ai des guitares autour du cou / Sans compter les femmes qui s'y pendent / Sur les parkings et les tarmacs / C'est là que mes nuits se terminent / Les ongles bouffés par le trac / Et le tour des yeux bleu marine". Johnny Hallyday s'offre même le luxe de reprendre le standard éculé, Unchained Melody, dans une joute bilingue avec la chanteuse de soul anglaise Joss Stone.
Le cocktail a un goût de déjà-entendu. Il rassurera les fans et atteindra, sans doute, le sommet des tops. Il recèle surtout quelques morceaux taillés pour la scène, à commencer par le titre éponyme Ça ne finira jamais qui promet une déferlante de cordes et des choeurs. De quoi assurer un duel sonore dont Johnny et son public son friands depuis 50 ans maintenant. La voix, sur disque du moins, reste intacte, puissante au risque souvent de manquer de nuances.
On est bien loin du Coeur d'un homme, album de blues sorti il y a tout juste un an, et qui était tellement plus émouvant, sans doute aussi plus proche des aspirations du chanteur lui-même. Dans quelques mois, quand il auar quitté les stades, loin d'un public un peu castrateur, peut-être Johnny pourra-t-il remettre son destin musical entre d'autres mains, et laisser une chance à l'interprête étouffé par la bête de scène. Non, vraiment, ça ne peut pas s'arrêter là.






